Voyager dans le temps est un privilège qu’il m’a été donné de vivre il y a peu. Loin des regards urbains, nichée dans un immense jardin vert et ombragé, l’imposante maison de maître du Domaine de Maison Rouge à Saint Louis pose un œil bienveillant sur le littoral sud. Un majestueux escalier, typique des anciennes demeures créoles, cache aujourd’hui tant bien que mal les atteintes du temps sur la maison de maître abandonnée en 1970.

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C’est en 1725 que Desforges Boucher compose l’architecture générale des lieux. Puis de 1823 à 1867, Les Nairac et les Murat contribueront à la mise en sucre des terres de Maison rouge. Une sucrerie y prendra place en 1834 pour cesser de fonctionner vers 1896. La commune de Saint-Louis en devient possesseur en 1981. Il a fallu pas moins de 23 ans pour qu’en 2004, le site soit enfin classé monument historique.

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Le site a gardé de son authenticité et les lieux sont emprunts des vestiges d’un passé sucrier, mémoire d’une époque où l’on bondait les granges de grains de café alors que les charrettes bœuf faisaient la queue à l’usine pour livrer leurs cannes à sucre.

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Cet ensemble demeure un espace cohérent complétement organisé pour la vie en exploitation. On y retrouve une maison de maître, des dépendances domestiques, un parc, des bâtiments agricoles, l’air de séchage du café (l’argamaste) et le village « la kour » reconstruit par la commune sur l’implantation de l’ancien village des engagés. Autant de raisons et d’alibis photographiques en soi.

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Le temps s’arrête soudain, on y découvre une cuisine au feu de bois, séparée de la maison. Une fontaine sur la terrasse principale ainsi qu’une immense citerne asséchées témoignent de  l’existence d’un système de collecte d’eau.  Les dépendances des domestiques, jamais bien loin du maître, se tiennent fièrement du haut de leur grand âge. Toutes les façades protégées par des bardeaux léchés par le vent, lavés par les cyclones sont aujourd’hui saupoudrées d’un manteau de mousse verte.

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Mon voyage photographique s’achève par une ballade improvisée dans les champs de café. Peut-être aurez-vous la chance de vous y perdre bientôt, le plaisir n’en est que meilleur. Pour s’y rendre, rien de plus pittoresque, dans les termes en tous cas : quitter le quartier de l’abattoir, traversez la ravine barrage, passez l’oratoire et longez quelques maisonnettes en bardeau : cette demeure du XVIIIème siècle s’offrira à vous.

Crédit Photo : Christine WONG pour « Chez Les Filles PHOTOGRAPHIE »

Remerciements :

Le MADOI, Emmanuella Picot

 

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